Les similitudes entre les comportements amoureux des hommes et des mammifères

On a beaucoup à dire quand on parle d’amour, quelles que soient ses manifestations. Ce sentiment, qu’éprouvent toutes les espèces animales, peut être défini comme une attirance entre deux êtres de sexes différents, si on laisse de côté l’homosexualité. Bien que la façon d’exprimer ses sentiments ait depuis beaucoup évolué chez l’homme, des similitudes restent quand on parle de comportements sentimentaux, chez l’homme (la séduction) et chez les animaux (la parade nuptiale).


Le fait de posséder des cousins lointains tels que l'orang outan et le gorille et des frères plus proches encore tels le chimpanzé et le bonobo est maintenant en part accepté ; d'autant plus que zoologues et primatologues, ont, à force de les observer et de les étudier, réussi à convaincre, preuves à l'appui, que la frontière nous séparant d'eux se trouve être de plus en plus infime.

En effet, avec un cerveau particulièrement développé par rapport aux autres primates, les grands singes, de par leur comportement, et plus particulièrement leur comportement amoureux, amènent curieusement des similitudes autant dans leur stratégie d'approche que dans leur rituel. Ceux-ci variant d'une espèce à l'autre, un peu à notre image, à la fois tous semblables et tous différents.

Parmi ces similitudes, nous pouvons ébaucher un premier élément majeur au sein de leur vie sociale et dans leur sens de l'approche : le langage. Nous savons qu'en tant qu'humains, nous nous caractérisons par la séduction à travers la parole en pensant que le langage est l'apanage de l'homme et, pourtant, eux aussi en possèdent un : celui des signes. On peut également distinguer sons, mimiques, gestuelles, au travers d'une grande expressivité faciale. Grâce à cette forme de langage, ils peuvent tisser des liens émotionnels que l'on peut comparer aux émotions ressenties par l'humain face à l'objet ou au sujet de sa convoitise.

On sait donc qu'ils sont capables de communiquer et d'apprendre autant que de transmettre au travers de ce type de langage qualifié de rudimentaire à nos yeux ou oreilles mais tellement éloquent entre eux.

En plus du langage, nous noterons comme similitude profonde : la conscience. Comme nous, ils ont un comportement social complexe en fonction de leurs forces, faiblesses, désirs, besoins, et, conscients de cela, ils semblent aussi suivre un chemin personnel. Nous

savons que les grands singes ont conscience d'eux-mêmes (test du miroir) , ils savent que l'image renvoyée est bien la leur.

Cela incitera peut être à sourire mais il est de bon ton de dire que mieux se connaître, c'est davantage s'aimer et par conséquent à mieux appréhender l'autre d'où une intelligence à dessein utile dans le cas souvent délicat de l'approche et la rencontre amoureuse ou la perception des humeurs et désirs de l'autre s'en trouverait accrue. Il n'y a sûrement pas que l'humain qui ait besoin d'amour pour grandir même si pour y parvenir, chaque espèce de primate possède sa propre stratégie.

A ce propos, de nouvelles similitudes pointent si l'on s'intéresse à la rencontre amoureuse ou « conquête ». Certains humains se sentiront proches du bonobo, ce singe dont la philosophie est l'amour libre et qui d'ailleurs possède le code génétique le plus proche de l'homme. Le mâle prend l'initiative huit fois sur dix sans franchement s'encombrer de parades amoureuses. Ils règlent tous leurs conflits par le biais de leurs ébats quotidiens. Nous partageons bien avec eux les bons et les mauvais côtés et loin d'être à part, si nous étions à même de nous côtoyer, nous constaterions bien vite que nos appréhensions, réactions, joies ou peines sont sensiblement identiques et prévisibles.

Tout ce qui est flagrant chez l'homme : l'intelligence, la tristesse, le rire, les larmes, le langage, le désir se trouve bien présent chez le primate. Qui a ses propres stratégies a aussi ses propres règles ; il semblerait que ce soit aussi le cas chez le grand singe, un peu comme si s'imposait la notion de loi.

Chez le bonobo, tout aussi libertin et pacifique soit-il, ni inceste, ni infanticide ! On peut y voir raison, respect, équilibre... Pour gagner sa conquête, le grand singe comme l'homme peut adopter des comportements particuliers afin de s'imposer ou de se défendre contre d'éventuels rivaux. On trouve le harem du gorille, le vacarme de l'orang outan pour prendre le pouvoir et tenter même de se rallier à des femelles influentes qui l'aideront à conquérir des communautés voisines. On voit que lorsque l'amour se mêle à l'intérêt, il n'y a qu'un pas à franchir pour devancer l'homme... Nous sommes étroitement unis et solidaires dans cette communion universelle d’union, pourquoi ne pas oser d'ailleurs parler mariage.

Et même si il ne reste au final environ cinq pour cent de couples stables chez les grands singes avec constat d'adultère prédominant, nous ne chercherons pas plus loin si on pourrait toujours parler de similitude quant au comportement amoureux des grands singes et de l'homme...